Musée Ahmed Zabana

Musée Ahmed Zabana

Le musée national Ahmed Zabana a une longue histoire qui remonte à 1884, lorsque le comandant Doumergue a proposé à la Société de Géographie et d’Archéologie  de la Province d’Oran un projet de création d’un musée qui fut ouvert provisoirement dans une salle de l’hôpital civil. La population oranaise a été sollicitée pour la collecte de dons qui ont permis d’inaugurer le musée, le 5 mars 1885. Le commandant Doumergue fut désigné en qualité de directeur et l’établissement passa sous tutelle de la mairie d’Oran. En 1891, le musée fut installé dans une vieille école à la rue Montpellier puis au Palais de l’église, avant de refermer ses portes, en 1915, pour dix années durant lesquelles les collections ont été perdues. Pour marquer le centenaire de la colonisation, en 1930, un nouveau musée fut construit et confié à la municipalité oranaise, au Palais des Beaux Arts, sur l’actuel Boulevard Ahmed Zabana (ex d’Iéna). Après l’indépendance, Le 27 mai 1986, le musée Ahmed Zabana, patrimoine communal de la l’APC d’Oran,  prend une dimension nationale et passa sous tutelle du ministère de la Culture.

La ville d’Oran et sa population ont une chance inouïe de posséder un patrimoine d’une richesse inestimable : le musée qui reste mal ou peu connu de nos jours. Et c’est bien dommage. C’est un établissement pluridisciplinaire qui  renferme des documents importants et des collections rares, répertoriées dans les sections respectives d’archéologie romaine, arts musulmans, sciences naturelles, beaux arts, ethnographie, numismatique, préhistoire et Vieil Oran. Deux salles sont consacrées à la section ethnographie, où le visiteur peut admirer les objets des arts traditionnels algériens, marocains et tunisiens. Sont exposés, également des meubles traditionnels, des ustensiles en cuivre, des objets en poterie, des bijoux, des instruments de musique et des armes. Les sciences naturelles sont réparties dans trois salles, dont la première est située au premier niveau. Elles regroupent des espèces appartenant à l’embranchement des invertébrés. La botanique présente des échantillons de la végétation terrestre et aquatique ainsi que quelques plantes fossiles. Deux autres galeries sont ouvertes au sous-sol. La première renferme des vertébrés de la faune locale et exotique, la seconde, des animaux fossiles et minéraux. Enfin, une troisième salle est réservée à l’ostéologie comparée. Elle comprend les ossements de diverses espèces aquatiques et terrestres. Au rez-de-chaussée, à côté de la rotonde d’entrée à gauche, se trouve la galerie artistique qui présente dans un cadre rénové, suivant un ordre chronologique permettant au visiteur de s’informer de l’évolution de l’art pictural à travers les siècles. De riches collections d’œuvres de sculptures et de tableaux de maitres européens du 16ème jusqu’au début du 20ème siècle y sont exposés à côté des peintres orientalistes. Pour enrichir cette galerie, de nouvelles acquisitions de tableaux d’artistes peintres algériens contemporains ont été faites par la Direction du musée national Ahmed Zabana, au cours des années passées.

La section des arts musulmans  comporte des objets  qui remontent du 5ème jusqu’au 12ème siècle de l’Hégire (11ème au 18ème siècle). Ils se composent de fragments architecturaux, notamment des arcs, linteaux, colonnes  et des chapiteaux ainsi que des panneaux de plâtre décorés de dessins géométriques, des formes florales et végétales ornées d’inscriptions kufiques. Les mobiliers décoratifs se composent de carreaux en faïence des périodes espagnole et ottomane, d’une collection de monnaie musulmane en or et argent, d‘armes blanches et à feu ainsi que des calligraphies sur divers objets en cuivre.

Une riche collection de numismatique (monnaie, médailles, jetons, monnaies obsidionales et de nécessité), en or, argent, bronze et cuivre, est également exposée au public. Une collection qui reflète l’histoire de l’humanité et qui retrace l’évolution politique, militaire, économique, sociale, culturelle et religieuse des peuples. Le musée dispose, également, d’une belle collection de billets de banque et d’assignats. Trois périodes y sont représentées : antique, médiévale, moderne et contemporaine. La salle d’archéologie romaine conserve des documents découverts en Oranie et objets de diverses provenances. Les mosaïques de Bethioua (ex-St Leu) sont les plus remarquables. Elles ont été découvertes, en 1862, dans les ruines de Portus Magnus, l’actuel port méthanier. Une collection de statuettes funéraires égyptiennes et des belles lampes à huiles antiques enrichissent cette galerie. Le musée comporte, d’autre part, une salle de la préhistoire. Une salle de lecture et une bibliothèque, renfermant  des  manuscrits de certains auteurs et chroniqueurs célèbres des siècles passés, sont ouvertes au public

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